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09 Oct 2020

Comment la vérité et la réalité ont été inventées ?

Cela vous est sûrement déjà arrivé de vous demander comment font les grands orateurs pour gagner un débat d’idées, pour convaincre de la validité et la supériorité de leurs arguments.

S’agit-il uniquement de faits, de démonstrations logiques, ou simplement d’éloquence ?

Que l’on soit commercial, médecin, avocat, professeur ou politicien, si l’on prend la parole en public c’est parce que l’on souhaite convaincre de l’intérêt de son point de vue.

Le commercial pense que son produit est le plus adapté au besoin de son client, le médecin pense la même chose du traitement qu’il prescrit. L’avocat pense pouvoir démontrer que les faits sont en faveur de la personne qu’il defend, et quant à l’homme politique, il pense que ses idées reflètent le mieux la réalité et les aspirations de son électorat.

Les études démontrent qu’en moyenne 40% de notre temps de travail à tous, serait consacré à tenter de convaincre ceux qui nous entourent de nous suivre.

Ainsi, qu’importe notre fonction ou notre objectif, le dénominateur commun c’est la notion de réalité, ce besoin, cette volonté enracinée en chaque être humain de se constituer une opinion, et de tenter de convaincre ceux qui l’entourent, de l’intérêt de la vision de la réalité qui est la sienne.

Cependant la réalité est difficile à établir. Les faits peuvent parfois peser lourd au moment de décrire le réel et de convaincre de la supériorité de notre point de vue, mais l’interprétation que l’on peut en faire peut-elle également permettre de nuancer, opposer, juxtaposer des éléments qui vont venir construire une opinion.

Nietzche disait que la vérité était la somme des perspectives que l’on pouvait avoir sur un sujet, sur un objet, sur une réalité.

Ainsi, depuis la nuit des temps la capacité de l’être humain à observer et raconter sa perspective sur une réalité a permis de façonner le réel et de développer des narratives qui donnent du sens à ce réel et permettent ainsi de pouvoir gagner des débats d’idées et de convaincre ou non de la supériorité d’un argument.

Alors comment sait-on que ce que l’on sait est vrai, et comment construire des raisonnements valides, convaincants et persuasifs ?

 

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Cette capacité de constituer une vision du monde, une perspective, une opinion fait appel à des mécanismes de rhétorique que l’on utilise tous au quotidien, souvent sans même avoir pleinement conscience de leur fonctionnement.

SI je vous demandais de me dire pourquoi vous pensez ce que vous pensez, pourquoi vous pensez que votre point de vue sur la réalité est le plus juste, sur des sujets comme l’économie, le social, le politique, etc… vous me diriez sûrement que vous avez une bonne perception de la réalité, ou que vous avez lu des faits rapportés qui vous donnent raison ou peut-être même que votre expérience personnelle ou de ceux qui vous entourent confirme votre intuition.

Et en réalité, il s’agit là des 3 techniques principales pour construire un argument valide, cohérent et persuasif, les voici détaillées :

 

Le syllogisme :

 

Tout d’abord le syllogisme au sens d’Aristote. Il s’agit là d’un raisonnement déductif qui lie des prémisses à une conclusion (ex. « Si tout B est A et si tout C est B, alors tout C est A »).

 

Prémisse 1 : Tous les hommes (B) sont mortels (A)

Prémisse 1 :  or Socrate (C) est un homme (B) ;

Conclusion : donc Socrate (C) est mortel (A) »

 

Dans un discours plus actuel on pourrait dire par exemple :

 

Prémisse 1 : Les formations (B) augmentent la compétitivité des entreprises (A)

Prémisse 1 :  à l’agence Spitch (C) nous proposons des formations (B) ;

Conclusion : nos formations (C) augmentent la compétitivité des entreprises (A) »

 

Il s’agit ici de la base de la logique, un fait général en provoque un autre, et une déduction logique permet d’appliquer ses conséquences à quelque chose de particulier.

Si on regarde notre feed de news, ou des débats politiques on s’aperçoit en réalité que la plupart des raisonnements tenus publiquement sont aujourd’hui basés quasi exclusivement sur ce type de déduction logique, qui étant cohérents, restent cependant des vérités partielles et pas toujours authentiques.

 

En effet, en reprenant la structure du syllogisme on peut créer à peu près n’importe quelle vérité, exemple :

 

Prémisse 1 : Toutes les crêpes (B) sont (A)

Prémisse 1 :  la terre (C) est une crêpe (B) ;

Conclusion : la terre (C) est plate (A) »

 

Ici l’argument reste valable mais les prémisses étant fausses la conclusion est par conséquent tout aussi fausse.

On comprend donc assez facilement qu’il faut que les prémisses soient soutenues par des arguments solides pour pouvoir créer une réalité fondée.

Ainsi, pour y parvenir il est important d’y ajouter d’autres éléments, ce qu’on appelle des arguments d’autorité.

 

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L’argument d’autorité

 

Ce qu’on appelle un argument d’autorité ce sont ces citations, ces chiffres, ces études, ces définitions, ces sources qui viennent solidifier un raisonnement.

En reprenant l’exemple ci-dessous :

 

Prémisse 1 : Face à la crise le secteur du tourisme (B) doit garantir sa compétitivité (A)

Prémisse 1 :  l’étude MCKINSEY (D) démontre que l’investissement dans la formation (C) améliore la compétitivité des entreprises (B)

Conclusion : Il est donc important d’investir dans la formation (C) pour garantir sa compétitivité (A)

 

Ici on observe très bien qu’un raisonnement logique s’appuyant sur un argument d’autorité (l’étude MCKINSEY) renforce sa cohérence ainsi que sa véracité.

Si le raisonnement est désormais solide, soutenu par une étude crédible, il reste cependant toujours contestable. Une étude signée les Echos ce n’est pas la même chose qu’une étude de L’Oxfam, mais cependant on s’appuie sur la crédibilité d’une source pour argumenter du caractère fondé de notre vision de la réalité.

Si on peut en faire de même pour des auteurs, des ouvrages, des définitions, des études etc… il se peut cependant que par notre expérience personnelle, celle de nos amis, notre famille, nos clients ou collaborateurs, nous ayons nous même observé une réalité, que nous sommes les seuls à éprouver et qui ait façonné notre vision du monde. Et celle-ci peut permettre également de solidifier votre argumentation.

 

L’observation de la réalité :

 

En effet dans de nombreux cas les études, les sources externes peuvent ne pas retranscrire une vision exacte de la réalité telle qu’on la perçoit.

Parfois nous avons vu, vécu des choses, qui nous donnent un point de vue singulier. Cette expérience permet également d’enrichir nos raisonnements.

Exemple : (Will Smith)

 

 

Prémisse 1 : La semaine dernière, j’ai fait mon premier saut en parachute, je me souviens j’étais terrifié à l’idée de sauter dans le vide

Prémisse 1 : Si le stress a augmenté de façon exponentielle plus l’avion grimpait en altitude, au moment de sauter dans le vide je me suis aperçu que c’était la plus belle des sensations au monde

Conclusion : dans la vie, les meilleures choses se trouvent toujours juste après nos plus grands moments de frayeur

 

Il s’agit-là d’un partage d’expérience. Aucune étude quantitative permet de soutenir une telle conclusion. On pourrait même dire qu’il s’agit là d’une invitation dangereuse à la prise de risques, en général.

Pourtant il s’agit de l’expérience de Will Smith, qui lui sert à construire une vérité, d’après son observation personnelle du réel. Cela vaut ce que ça vaut, mais la construction est logique et efficace.

 

Vous l’aurez compris, nous créons tous sans nous en apercevoir des raisonnements logiques, au quotidien.

Nous utilisons ainsi les faits pour créer des déduction logiques, plus ou moins soutenues par des données quantitatives et qualitatives, qui permettent de constituer un notion de réalité qui dépasse souvent les faits purs, mais qui permettent de cuontextextualiser, enrichir une vision, donner du sens aux événements.

Il est ainsi très important de savoir comment se construit notre vision de la réalité pour pouvoir rendre plus efficaces nos argumentations et identifier dans les argumentations que l’on nous oppose, les limites à dénoncer.

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Michael Dias
m.dias@spitchconsulting.com

Fondateur de Spitch, Storyteller, Speaker, Coach de Dirigeants et grand passionné de Présentations. ll est professionnellement issu du Marketing et de l’univers de la Téléphonie Mobile.
 
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